Chez JustBackpacker, on défend une façon de voyager pour comprendre le monde, en retraçant l'histoire des lieux plutôt qu'en cochant une liste de spots Instagram. Jeju s'y prête particulièrement bien : chaque paysage y raconte quelque chose — un volcan devenu légende, une plage devenue refuge, une falaise devenue mémorial.
Si vous préparez un voyage ou si vous êtes simplement curieux-se, cet article vous guidera pour organiser votre séjour selon vos centres d'intérêt plutôt que selon un itinéraire figé : culture locale, histoire, nature, gastronomie. Piochez ce qui vous parle, ou lisez l'intégralité de l'article pour découvrir Jeju en profondeur.
Comment se déplacer à Jeju ?
Avant toute chose, et si vous vous demandez comment vous déplacer à Jeju : on a fait le choix des transports en commun, principalement le bus, pendant tout notre séjour. C'est possible, mais ça demande de l'organisation — certaines lignes vers les sites les plus reculés (comme Altteureu ou les oreums de l'intérieur des terres) ne passent que toutes les heures, parfois moins, et un simple retard peut décaler toute une journée de visite.
L'autre option, plus flexible, c'est la location de voiture.
Notre conseil honnête : si vous comptez explorer les lieux qu'on vous présente dans cet article, en particulier les spots reculés comme Altteureu ou Hado-ri, la voiture vous fera gagner un temps précieux. Si vous voyagez plus lentement, sans site à cocher dans la journée, le bus reste largement suffisant — c'est notre cas, et ça nous a même permis de ralentir davantage, dans l'esprit slow travel qu'on défend chez JustBackpacker.
Traditions et savoir-faire de l'île de Jeju
Les haenyeo, les femmes plongeuses de l'île
Les haenyeo — littéralement "femmes de la mer" — plongent en apnée depuis des générations pour récolter ormeaux, oursins et algues, sans bouteille d'oxygène, parfois jusqu'à 10 mètres de profondeur et jusqu'à un âge avancé (70 voire 80 ans). Leur tradition est aujourd'hui inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.
Elles sont en grande partie à l'origine de la réputation de Jeju comme île matriarcale : ce sont elles qui, historiquement, ont fait vivre les foyers pendant que les hommes partaient en mer — ou n'en revenaient pas.
Le massacre du 4.3 a d'ailleurs entraîné un fort déséquilibre démographique. Les Haenyeo sont devenues les chefs de famille et les piliers économiques de la province. L'argent de leurs récoltes marines, exportées vers le Japon à partir des années 1960 et 1970, finance directement la construction des premières écoles de villages et des dispensaires.
Pour comprendre un peu mieux leur histoire, nous avons pris le temps de découvrir deux lieux :
🏛️ Musée des Haenyeo
- Adresse : 26 Haenyeobangmulgwan-gil, Gujwa-eup, Jeju-si, Jeju-do
- Horaires : 9h00 à 18h00 (dernière admission à 17h00)
- Tarif : environ 1 100 wons pour les adultes
- Durée de visite : environ 1 heure
Le Bulteok (le vestiaire traditionnel en plein air où les haenyeo se réchauffaient et se retrouvaient entre plongées) — on en trouve un peu partout sur l'île, notamment près du Musée des Haenyeo. Si vous résidez sur la côte ouest, vous pourrez en trouver un à cet endroit, non loin du CU.
On a d'ailleurs réalisé une vidéo sur le rôle des Bulteok dans le parcours des Haenyeo à Jeju. Le Reels est disponible sur notre compte Instagram.
Lors de notre passage sur l'île, nous nous sommes dirigés sur la plage d'Umutgae où nous avons pu observer les célèbres plongeuses en pleine récolte.
Des plateformes de réservation comme GetYourGuide proposent également des journées pour observer les danses et les chants traditionnels des Haenyeo à cet endroit précis. On ne l'a pas testé nous-mêmes — on vous recommande donc de vérifier directement les modalités auprès des prestataires avant de réserver.
Les grand-pères de l'île, les Dol Hareubang
Ces statues de pierre au visage protecteur, aux grands yeux ronds et au nez imposant, aussi considérés comme les « gardiens de l'île », sont absolument partout à Jeju — sur les places, devant les temples, centres commerciaux ou encore aux entrées des villages.
Selon leur emplacement géographique sur l'île, les Dol Hareubang ont des caractéristiques physiques différentes.
Vous pourrez aussi observer que leur main droite est placée légèrement au-dessus de leur main gauche, ou inversement. Si la main droite est en haut, la statue incarne un officier civil. En revanche, si la main gauche est en haut, elle représente un militaire. Tout est dans le détail…
À l'origine, ces statues fabriquées à partir de pierre volcanique servaient à repousser les mauvais esprits et les démons. Elles étaient aussi associées à des rituels de fertilité. Les habitants touchaient leur nez ou leurs oreilles pour espérer avoir un enfant.
🪨 Jeju Stone Park
- Adresse : 2023 Namjo-ro, Jocheon-eup, Jeju-si, Jeju-do
- Durée de visite conseillée : 2 à 3 heures
Le parc est grand et il est possible d'y observer d'autres éléments historiques importants, comme la reconstitution d'un village de l'époque de Tamna, ainsi que des habitations traditionnelles en paille.
Pour observer les statues des Dol Hareubang les plus étonnantes, rendez-vous au Hallim Park. Patience, on vous en parle juste après.
Les artisans locaux pour acheter ses souvenirs
Jeju abrite une scène artisanale discrète mais bien vivante — poterie, tissage, objets et bijoux en pierre volcanique. On a trouvé quelques adresses particulièrement intéressantes pour repartir avec quelque chose de vraiment local plutôt qu'un souvenir générique d'aéroport.
Dongmun Market : le marché le plus connu et le plus fréquenté de l'île. Situé au centre-ville de Jeju, au nord de l'île, il est possible d'y trouver des spécialités culinaires (gimbap frits, kimchi, mandarines, poulpe) ainsi que des souvenirs.
D'autres adresses méritent néanmoins autant d'attention :
- Le Bellongjang Arts & Craft Market à Sehwa, pour dénicher des pépites de l'artisanat local
- Seogwipo Maeil Olle : le plus grand marché couvert de Seogwipo et un des endroits les plus vivants du coin
Le jardin botanique, signé par un artiste coréen
Hallim Park a été pensé et construit par un entrepreneur et pionnier du tourisme local, Song Bong-gyu, qui a consacré des années à transformer une terre stérile de sable et de cendres volcaniques en oasis verte.
Le parc propose des jardins botaniques, un village folklorique et deux grottes, et se trouve à quelques mètres de la plage de Hyeopjae. Une belle escapade pour observer un peu de végétation avant ou après un moment de détente à la plage.
Une section est dédiée aux statues des Dol Hareubang, toutes plus originales les unes que les autres.
🌿 Hallim Park
- Adresse : 300 Hallim-ro, Hallim-eup, Jeju-si, Jeju-do
- Prix : entre 11 000 et 15 000 KRW (le prix varie selon la période de l'année)
- Durée de visite : environ 2 heures
Le parc est grand et plusieurs chemins sont proposés. Nous vous conseillons d'ailleurs d'aller jeter un œil aux grottes de Hyeopjaegul et de Ssangyonggul, des tunnels de lave formés par les éruptions du Mont Hallasan. Le passage dans ces grottes est d'autant plus agréable en été et lors des fortes chaleurs, en raison d'une température intérieure relativement basse (15 à 17 degrés).
Seongeup Folk Village, le vrai village derrière la reconstitution
Si la reconstitution de Hallim Park vous a mis l'eau à la bouche, direction Seongeup Folk Village pour voir un village traditionnel grandeur nature — et toujours habité aujourd'hui.
Contrairement à un musée classique, Seongeup Folk Village est un véritable village vivant, où les habitants continuent de résider dans des maisons traditionnelles en pierre volcanique et aux toits de chaume. Pendant des siècles, il a même servi de chef-lieu administratif pour toute la région.
On y retrouve les codes architecturaux typiques de l'île : murs de pierre noire empilée sans mortier, cours intérieures protégées du vent, et bien sûr quelques Dol Hareubang en faction devant certaines habitations. Plusieurs maisons se visitent, certaines avec des artisans locaux qui font des démonstrations de tissage ou de poterie sur place.
🏘️ Seongeup Folk Village
- Adresse : 30 Seongeupjeonguihyeon-ro, Pyoseon-myeon, Seogwipo-si, Jeju-do
- Horaires : 10h00 – 17h00
- Prix d'entrée : gratuit (seuls certains ateliers d'artisanat peuvent être payants)
- Durée de visite : 1 à 2 heures à un rythme tranquille
L'histoire poignante de l'île de Jeju
Le 4.3 : la mémoire la plus lourde de l'île
Derrière les paysages paradisiaques de Jeju se cache l'un des épisodes les plus douloureux de l'histoire sud-coréenne moderne. Le 4.3 (prononcé "sa-sam" en coréen, littéralement « 4-3 », en référence au 3 avril) désigne une période de répression sanglante menée entre 1947 et 1954 par l'armée et la police sud-coréennes sous prétexte de lutte anticommuniste. Environ 30 000 civils — un habitant de l'île sur dix à l'époque — y ont perdu la vie.
Pendant des décennies, cette tragédie a été passée sous silence, la peur des représailles empêchant toute parole publique. Ce n'est que progressivement qu'elle a été reconnue officiellement, jusqu'à l'inscription de ses archives au registre Mémoire du Monde de l'UNESCO en avril 2025.
🏛️ Musée du 4.3
- Adresse : 430 Myeongnim-ro, Jeju-si, Jeju-do (Bonggae-dong)
- Horaires : 9h – 18h (ferme généralement les 1er et 3e lundis de chaque mois)
- Prix d'entrée : entrée libre
- Durée de visite : 2 heures en moyenne
Ce musée est néanmoins essentiel pour véritablement comprendre les événements qui se sont déroulés sur le sol de l'île matriarcale de Corée du Sud. Pour clôturer votre visite au musée 4.3, le Peace Park, situé à côté du musée, est une façon de rendre un dernier hommage à ceux tombés pour la nation.
Seongsan Ilchulbong — la fausse carte postale qui cache une autre histoire
L'image la plus partagée de Jeju est probablement celle de Seongsan, ce pic volcanique en forme de couronne qui domine la côte est, formé à partir d'éruptions sous-marines il y a quelques milliers d'années.
Mais derrière la jolie carte postale, le site a aussi servi de position stratégique et de lieu de tragédies pendant les périodes de conflit qui ont marqué l'île. C'est donc un contraste saisissant entre la beauté du paysage et son passé.
Pour l'observer, il existe plusieurs sites, dont celui du cap Seopjikoji, qui s'avance dans la mer et offre une vue panoramique sur le Seongsan Ilchulbong. Un site où il est possible de randonner auprès de falaises rocheuses, de plaines et d'un phare blanc.
Et c'est d'ailleurs au pied des falaises côtières de Seopjikoji ou de Seogwipo que les Japonais font creuser des dizaines de niches débouchant sur la mer. Elles devaient abriter les Shinyo, des vedettes rapides suicides chargées d'explosifs, prêtes à se jeter contre la flotte américaine.
Seongsan Ilchulbong est aussi visible depuis l'île d'Udo (accessible en ferry depuis le port de Seongsan), la plage d'Umutgae (citée plus haut) et la plage de Gwangchigi.
Ce monument de l'île fait aussi partie de la route de l'Olle Trail de Jeju, un sentier de randonnée de 437 km qui fait tout le tour de l'île.
Altteureu et les bunkers japonais
Personne ne parle de ce site historique, qui était, au départ, un simple champ, puis transformé en une base aérienne de plusieurs dizaines d'hectares et construite par des milliers de civils locaux, réquisitionnés de force par l'armée impériale japonaise.
On s'en rend compte dès qu'on y met les pieds : le silence y est presque dérangeant, on n'entend que le vent dans les champs de patates douces qui ont repris possession des lieux. Difficile d'imaginer qu'ici décollaient autrefois des bombardiers lourds.
Le chantier d'Alddreu (ou « Altteureu ») devient une rampe de lancement militaire stratégique pour l'aviation impériale avec le déclenchement de la guerre sino-japonaise en 1937. C'est depuis cette piste d'Alddreu que décollent les bombardiers lourds japonais pour aller attaquer la Chine continentale, participant aux raids aériens lors du massacre de Nankin.
Il reste aujourd'hui des hangars à avions, bunkers et vestiges disséminés un peu partout sur le site reculé d'Alddreu — dont une réplique d'un engin de l'aviation japonaise.
🛩️ Aérodrome d'Altteureu
- Adresse : 1670 Sangmo-ri, Daejeong-eup, Seogwipo-si, Jeju-do
- Prix : gratuit
- À découvrir en journée : le site est isolé et au milieu des champs
L'accès au site se fait via un sentier du célèbre Olle Trail. Si vous venez l'été, n'oubliez pas de vous hydrater et de faire des pauses. Plusieurs dizaines de minutes, sans coin d'ombre, sont nécessaires depuis l'arrêt de bus jusqu'au site.
En voiture, il est possible de se garer sur le parking aménagé. Entrez directement l'adresse en coréen ou tapez "Altteureu Airfield" sur les applications de navigation locales comme Naver Maps ou Kakao Maps.
Jeju et son influence mongole, des steppes coréennes
Les paysages de Jeju, avec leurs vastes prairies ouvertes, rappellent grandement les steppes mongoles — et ce n'est pas un hasard.
Au XIIIe siècle, alors que la cour royale coréenne de la dynastie Goryeo capitule face aux Mongols, une unité militaire d'élite, les Sambyeolcho, refuse de se rendre. Encerclés sur le continent, ces rebelles fuient et s'installent sur l'île — le Royaume de Tamna — où ils construisent d'immenses fortifications pour résister.
L'armée coalisée des Mongols et des loyalistes coréens lance un assaut massif pour écraser ce dernier bastion. L'Empire mongol envahit l'île et y introduit l'élevage équin à grande échelle, façonnant durablement son économie et son paysage.
Aujourd'hui encore, on retrouve des traces de cette influence, notamment chez le poney natif appelé Jorangmal (ou cheval de Jeju), issu d'un croisement entre les chevaux locaux et mongols.
Pour observer ces chevaux uniques et mieux comprendre l'influence mongole, le Story House (le premier musée du cheval en Corée) propose un apport historique et des séances d'équitation.
Nous sommes allés au pâturage de chevaux de Jeju (Jeju Horse Breeding Ground), situé le long de la route 516 au pied du mont Hallasan. C'est un vaste domaine verdoyant accueillant des dizaines de poneys protégés. Il est possible de les admirer gratuitement depuis les plateformes.
Enfin, le Yongnuni Oreum est souvent entouré de prairies privées où il est possible de croiser des chevaux se promenant librement.
Les paysages de l'île : volcans, forêts et cascades
Les oreums : les cicatrices douces d'un volcan
Jeju compte plus de 360 oreums — des petits cônes volcaniques qui parsèment l'île.
Parmi eux, Darangshi Oreum est l'un des plus beaux à gravir, puisqu'il s'élève à environ 380 mètres d'altitude, offrant une vue panoramique sur l'île d'Udo et le Mont Hallasan.
🌋 Darangshi Oreum
- Adresse : Sehwa-ri, Gujwa-eup, Jeju-si, Jeju-do
- Temps de montée : 45 min à 1 heure
- Niveau de difficulté : un peu raide, accessible via des escaliers en bois
D'autres oreums sont accessibles sur l'île :
- Nord-est / est : Geomun, Darangshi, Yongnuni Oreums
- Ouest : Saebyeol, Geum Oreums
- Sud : Gunsan Oreum
Les différents sites sont accessibles en empruntant plusieurs lignes de bus. En revanche, en raison de leur éloignement, les passages de bus peuvent être limités et nécessitent une organisation de taille. La voiture reste probablement l'option la plus rapide pour accéder aux entrées des oreums.
La forêt de Bijarim
Nous avons passé le premier mois sur la côte est de l'île et étions proches de la forêt de Bijarim. Nous y sommes allés en empruntant les bus n°260 et 711-1, qui nous ont déposés directement devant l'entrée de la forêt depuis notre hébergement à Swiss Village.
En voiture, il est utile d'emprunter la route Bijarim-ro (route 1112). Un parking gratuit est disponible à l'entrée de la forêt.
La forêt de Bijarim n'est pas seulement un sentier de randonnée entouré d'arbres. Elle regorge de secrets liés à la culture sud-coréenne, notamment en raison de ses arbres dévoilant une odeur particulière, réputés dans la médecine traditionnelle locale. Le parcours est relativement court (environ 1 h) et plaisant. Une forêt où se retrouvent familles et amis.
🌲 Forêt de Bijarim
- Adresse : 55 Bijasup-gil, Gujwa-eup, Jeju-si, Jeju-do
- Prix : environ 3 000 KRW (environ 2 €) pour un adulte
- Horaires : 9h – 18h
- Durée de balade : 1 heure
- Particularité du lieu : entièrement plat
Les tunnels de lave
Jeju possède l'un des plus grands réseaux de tunnels de lave au monde.
Le tunnel de Manjanggul est apparemment l'un des plus impressionnants de ces réseaux, vestige direct de l'activité volcanique qui a façonné toute l'île. Nous n'avons malheureusement pas eu l'occasion de le voir de nos propres yeux, en raison de sa fermeture temporaire. En revanche, de nombreux voyageurs y décrivent une expérience mémorable.
Le tunnel de lave de Manjanggul est situé à Gujwa-eup, à seulement 10 minutes en voiture de la forêt de Bijarim.
- Grotte de Micheongul : 1010 Samdal-ro, Seongsan-eup, Seogwipo-si, Jeju-do
- Système de tunnels de Geomunoreum : 569-36 Seongyo-ro, Jocheon-eup, Jeju-si, Jeju-do (avec observation de failles géologiques) — accompagnement par un guide obligatoire, réservation en ligne nécessaire
Les plages de Jeju : entre spots familiaux et coins plus sauvages
Jeju ne manque pas de plages, et il y en a pour tous les profils de voyageurs.
Pour un moment en famille ou entre amis, sans trop s'éloigner du confort : lors de nos dernières semaines sur l'île, on logeait sur la côte ouest, tout près de deux plages familiales, Hyeopjae et Hamdoek. Sable clair, eaux peu profondes et calmes, parfait pour se baigner sans arrière-pensée.
Pour un moment plus au calme, direction les plages cachées du côté de Hado-ri.
Les plages cachées de Hado-ri
Au-delà des plages touristiques, l'île cache des recoins bien plus confidentiels, en particulier du côté de Hado-ri. Ce village côtier a sûrement été l'un de nos coups de cœur sur l'île.
En plus d'être resté à l'écart du tourisme de masse, c'est aussi le bastion des Haenyeo puisqu'il concentre la plus forte concentration de plongeuses de l'île. Il est possible d'apercevoir les plongeuses depuis la côte d'Hado-ri.
La plage de Hado, elle, est recouverte de sable blanc et bien plus sauvage que les autres plages de l'île. Elle est idéale pour se détendre grâce à ses eaux calmes.
Le mont Hallasan, le sommet de l'île
Point culminant de la Corée du Sud (1 947 mètres), Hallasan domine l'île et se laisse gravir par plusieurs sentiers de difficulté variable.
- Commencez très tôt (vers 5h/6h) en raison d'horaires de sécurité très stricts à mi-parcours
- Réservation obligatoire pour le sommet (quota quotidien strict)
- Astuce de randonneur : beaucoup montent par Seongpanak (plus facile pour les genoux) et redescendent par Gwaneumsa pour la vue
- À vérifier avant de partir, les modalités évoluent régulièrement
Si vous ne voulez pas marcher des heures, ni même effectuer de réservation, il existe des sentiers alternatifs :
Oedolgae, le rocher solitaire et ses deux légendes
Non loin du centre de Seogwipo se dresse Oedolgae, un impressionnant pilier volcanique de 20 mètres de haut qui émerge seul au milieu des vagues et dont la formation remonte à des millions d'années. Deux récits légendaires font vivre ce rocher : le Rocher du Général et le Rocher de la Grand-Mère.
À seulement dix minutes se trouve la cascade de Jeongbang, la seule chute d'eau en Asie à se jeter directement dans l'océan. Haute de 23 mètres, elle dévale une falaise volcanique noire au milieu d'une forêt subtropicale. L'eau douce s'écrase sur d'immenses blocs rocheux avant de se mêler à l'eau salée de la mer.
🪨 Oedolgae & Cascade de Jeongbang
- Adresse Jeongbang : 37 Chilsimni-ro 214beon-gil, Seogwipo-si, Jeju-do
- Prix : environ 2 000 KRW (entrée libre pour les enfants en bas âge)
- Conseil : pour une ambiance de « jardin secret » féerique, avec un sentier plat éclairé jusqu'à 22h, rendez-vous à la cascade de Cheonjiyeon
Ces deux sites emblématiques ne sont séparés que par le port de Seogwipo. Le trajet en voiture ou en taxi d'un point à l'autre prend à peine 10 minutes en longeant la côte.
Les spécialités culinaires de Jeju
Les ormeaux, star des haenyeo
Impossible de parler des haenyeo sans parler de leur récolte phare : l'ormeau.
Dans la cuisine coréenne, ce coquillage n'est pas un fruit de mer comme les autres — il a longtemps été considéré comme un mets d'exception, offert en tribut aux rois de Corée.
L'ormeau se cache dans les fonds marins, accroché aux rochers, et sa pêche demande une connaissance fine du littoral, des courants, des zones où il se niche. Un savoir-faire qui ne s'improvise pas — et qui s'est transmis, sur cette île, presque exclusivement grâce aux haenyeo.
L'ormeau est aujourd'hui partout à Jeju : en bouillie, grillé, cru, mijoté... on le retrouve sur les étals des marchés comme sur les cartes des restaurants de l'île, devenu un incontournable de la gastronomie locale.
On peut en trouver à cette adresse (via Naver), pour un prix d'environ 14 000 ₩.
L'ormeau s'achète aussi en magasin, dans les supérettes de quartier ainsi que dans les grands centres commerciaux — idéal si votre logement dispose d'une cuisine équipée, pour essayer de le cuisiner « à la coréenne ». Son prix varie selon les enseignes. Pour ça, l'enseigne « Local Food » propose des produits abordables et, comme son nom l'indique, locaux.
Nous avons goûté les ormeaux en soupe épicée, accompagnés de fruits de mer (moules, crevettes) et de banchan, et on a beaucoup aimé leur texture, qui nous a rappelé celle de la coquille Saint-Jacques.
Le porc noir de Jeju
Le porc noir de Jeju se distingue du porc classique par sa couleur plus rouge et un persillage nettement plus marqué — une qualité que plusieurs études attribuent à l'environnement protégé de l'île : air pur, eau claire et climat doux, à l'abri des maladies porcines qui touchent davantage le continent.
Pour en manger dans les restaurants spécialisés, direction centre de Jeju-si (via Naver) ou centre de Seogwipo (via Google Maps).
Il se déguste sous plusieurs formes : en côtelettes ou en bbq coréen à partager. Nous l'avons goûté sous forme de côtelette frite.
Les mandarines de Jeju
L'île est réputée pour ses mandarines, et le meilleur plan est de privilégier les stands en vente libre directement chez l'agriculteur — moins chers et souvent meilleurs qu'en magasin.
On en trouve notamment le long des routes de campagne. On recommande particulièrement celle où se trouve le café (via Naver), près de Swiss Village.
Certains vendeurs proposent aussi des déclinaisons en desserts (jus, glaces, tartes) qui valent le détour. Vous pouvez notamment en trouver à ABEBE Bakery Jeju (via Naver), dans le centre de Jeju-si, au nord de l'île.
Le gogi guksu
Pour les non-initiés, le gogi guksu est un réconfortant bol de nouilles de blé épaisses servies dans un bouillon chaud et blanc de porc noir (obtenu en faisant mijoter longuement les os), le tout surmonté de généreuses tranches de porc bouilli (suyuk) et garni de ciboule sauvage.
Une adresse incontournable où bien le goûter : l'emblématique restaurant Ollae Guksu (올래국수), réputé pour son bouillon ultra-riche, ou encore l'historique Geumbok Sikdang (금복식당), niché au cœur du marché de Dongmun depuis 1965.
Ce plat est aussi riche d'histoire, puisque la tradition culinaire de Jeju imposait d'abattre un cochon lors des grands événements communautaires, comme les mariages qui duraient trois jours.
À l'origine, les habitants préparaient le momguk (soupe d'algues sargasses dans le bouillon de porc), mais lors de l'occupation japonaise, l'accès à ces algues est devenu difficile. Les locaux ont alors eu l'idée d'y ajouter des nouilles de blé à la place, mêlant ainsi la culture insulaire du porc de fête à la nostalgie des nouilles de blé occidentales introduites plus tard dans les années 1950.
Le poisson frit et le poisson sabre
Le poisson sabre argenté de Jeju (appelé galchi) est une véritable star locale : long, fin et ultra-frais, il est traditionnellement servi grillé entier au sel (galchi-gui) sur une immense plaque qui fait la taille de la table, ou mijoté dans une sauce pimentée avec des radis fondants (galchi-jorim) — à trouver absolument au Dongmun Traditional Market pour une ambiance de street-food authentique, ou dans les restaurants spécialisés de la côte est comme Kuksu-inga-Galchi-inga, près de Seongsan.
Il existe d'ailleurs un autre plat coréen qu'on a pu goûter par hasard, dans un restaurant à deux pas de notre hébergement sur la côte ouest : le saengseon-jjorim, un plat où le poisson (dans notre cas, de la lotte) mijote à feu doux dans un bouillon relevé à base de sauce soja, d'ail, de gingembre et de piment (gochugaru).
Notre vidéo YouTube sur les dégustations typiques de Jeju est en cours de montage — elle sera en ligne courant septembre. Abonnez-vous pour ne pas la manquer.
Avant de conclure : prendre le temps de marcher
Et si vous voulez vraiment prendre le pouls de l'île, rien de tel que de parcourir un bout de l'Olle Trail, ce sentier qui fait le tour complet de Jeju. On vous en montre un aperçu en vidéo sur Instagram.
En parlant de sac à dos : nous, on a trouvé la solution pour emmener toutes nos affaires en voyage sans rien sacrifier, et pour ramener nos souvenirs de Jeju en toute sérénité.
Pendant nos 2 mois et demi sur l'île, on a volontairement changé d'hébergement à mi-séjour : d'abord sur la côte est, près de Swiss Village, puis sur la côte ouest pour nos dernières semaines. Deux ambiances complètement différentes — et c'est justement ce qui nous a permis de voir Jeju sous plusieurs angles plutôt que de rester cantonnés à une seule partie de l'île.
On logeait dans des Airbnb les deux fois, donc pas d'adresse précise à vous recommander ici — mais si on devait donner un conseil : ne faites pas l'impasse sur l'un des deux côtés de l'île sous prétexte que l'autre est plus connu. Chaque zone a ses propres spots, son propre rythme, et c'est en bougeant qu'on a pu couvrir tout ce dont on vous parle dans cet article.
Et si la meilleure façon de voir Jeju, c'était de ralentir ?
On aurait pu tout cocher — chaque oreum, chaque plage, chaque musée — en une semaine effrénée.
On a préféré rester plus longtemps sur certains lieux, revenir deux fois au même bulteok, s'attarder sur un banc face à Seongsan plutôt que de courir vers le spot suivant.
L'histoire de Jeju nous a vraiment touchés, et on ne va pas se mentir : on a eu un vrai pincement au cœur au moment de quitter l'île.
Si vous voulez aller plus loin et entendre nos anecdotes de terrain — ce qu'on n'a pas pu mettre dans cet article, nos rencontres, nos coups de cœur, notre ressenti sur la vie à Jeju — c'est dans notre podcast que ça se passe.
À propos
On est Amanda & Charles, le duo derrière JustBackpacker, deux voyageurs convaincus qu'un sac à dos et une bonne dose de curiosité suffisent à comprendre un pays autrement. Depuis deux ans, on parcourt le monde en sac à dos et désormais, on tente de retracer l'histoire des lieux qu'on traverse — parce qu'un volcan, une plage ou une falaise ont souvent bien plus à raconter qu'une photo Instagram.